Lyaeos

agir dans un monde incertain

Veaux, vaches, cochons… et l’Europe ?

La course poursuite entre Sarkozy-Hollande continue. On refait le match chaque jour. On jauge sa clientèle: Sarkozy a ses agriculteurs; Hollande ses professeurs. Les vrais problèmes du pays sont rarement abordés, tout comme l’Europe alors que les députés socialistes et François Hollande se sont abstenus de voter sur le mécanisme de stabilité européen. Le “oui ni non” cher à Hollande a rapporté les suffrages dans un silence assourdissant. Les Français à qui on promet des référendums sur tout et rien mais surtout pas sur l’essentiel, en seront encore pour leurs frais alors qu’ils sont concernés au plus haut point. Mais on leurs promet quand même de “changer de destin” et une “France plus forte”; du flou artistique en attendant que les deux candidats décrochent la timbale, car ils ne pensent qu’à ça.

Le mépris

Hier dans l’émission «Des Paroles et des actes» Jean Luc Mélenchon face à Marine Le Pen, a trop montré son mépris, de la vulgarité que je ne lui connaissais pas. Il n’aurait jamais agi de la sorte avec un homme… Marine Le Pen a beau être du FN, on lui doit tout de même un minimum de respect comme pour n’importe qui; et le débat politique ne devrait pas être qu’une foire d’empoigne où l’on vocifère avec des rictus de mépris particulièrement pénibles pour le public. Ce matin sur différents médias, je n’ai guère entendu de critiques à l’encontre de Jean-Luc Mélenchon qui s’est comporté comme un véritable goujat, c’est à se demander si nous voyons la même chose ou si la tolérance est plus grande pour l’un que pour l’autre, parce qu’il a le tord d’être du FN. Il ne faudrait pas oublier que derrière il y a des Français qui n’ont pas été respectés, qu’ils soient du FG ou du FN. Le mépris de Jean-Luc Mélenchon pour Marine Le Pen, c’était aussi un mépris adressé à une population de Français souvent en rupture, déclassés, au chômage, dans la précarité. Les 15/20% d’électeurs de Le Pen et les 8/10% de Mélenchon sont fréquemment issus de ce même milieu.

Certains hommes politiques à force d’être imbus d’eux-même, en général issus des grands partis, qui ont des carrières beaucoup trop longues, tombent dans une arrogance qui les discrédite finalement. Dire de Marine Le Pen qu’elle est hypocrite (sans doute) et ne pas voir sa propre hypocrisie – ainsi Jean-Luc Mélenchon ne dit pas clairement qu’il ralliera Hollande au second tour – c’est être malhonnête avec les Français. Hier, j’ai vu que du mépris: mépris des Français mais aussi mépris de la démocratie -le FN demeure malgré tout un parti légal, certes que l’on peut combattre mais dans la correction.

Sarkhollande: le duel imposé

toute ressemblance ne pourrait être que fortuite

Jamais une élection présidentielle n’aura été aussi facile pour un candidat socialiste. Tout l’inverse de 2007 où Ségolène Royal s’était confrontée quasiment seule face à un candidat porté par les médias, qui avait su se vendre avec brio jusqu’à rassembler de la gauche à l’extrême droite en passant par le centre. Aujourd’hui en 2012, François Hollande est idéalement placé pour battre un président sortant affaibli, qui s’agite vainement alors que son sort est presque scellé, à moins d’évènements exceptionnels qui changeraient la donne. Le favori des sondages n’aura pas à mouiller sa chemise, il doit juste gérer le temps; il a des moyens considérables pour faire une bonne campagne et a le soutien total du parti. Les médias le reconnaissent déjà comme le probable futur vainqueur, et de ce fait le soutiennent implicitement. Cette campagne présidentielle est presque bouclée, les candidats restants* désormais écartés par les sondeurs, ne troubleraient même plus le second tour, ils sont juste un enjeu pour savoir qui des deux candidats engrangerait le plus leurs voix. Je ne sais si la démocratie y gagne beaucoup avec cette bipolarisation, hélas de rigueur dans la cinquième République.

Ainsi nous voilà en “sarkhollande” où une élection majeure tournera autour de ces deux personnages dont l’un n’effacera jamais ses erreurs et mensonges, et l’autre suscite encore bien des doutes sur sa personnalité et sur la direction de sa politique.

* Nathalie Arthaud- Philippe Poutou- Jean-Luc Mélenchon- Eva Joly- François Bayrou- Corinne Lepage- Frédéric Nihous- Nicolas Dupont-Aignan- Dominique de Villepin- Marine Le Pen